On a quitté l’Europe !

À bord de notre bien joli « ferry » d’une capacité de 4 voitures seulement, nous quittons Rhodes et traversons la mer Égée vers la Turquie, à seulement 30 kilomètres. Adieu la Grèce, adieu l’Europe, nous débarquons sur le « continent » turc.

Sur les quais du port de Marmaris, patientant entre les différents bureaux des douanes pour avoir l’autorisation de faire rentrer le bababus dans ce nouvel Orient, on entend le muezzin chanter l’appel à la prière. Les petites chapelles orthodoxes sont loin déjà. Un nouveau rythme nous attend.

Nous quittons rapidement Marmaris pour gagner la presqu’île de Borborun, vers des rivages beaucoup plus sauvages. Les campagnes semblent assez habitées, le drapeau turc flotte partout, l’agriculture reste prépondérante malgré le développement du tourisme. Comme dans les pays arabes, les hommes boivent le thé au bistrot, les femmes, voilées en général, s’affairent dans les maisons. On nous propose du thé en signe de bienvenue (et non plus du raki comme en Grèce !). La nourriture évolue et s’annonce heureuse, avec les innombrables mezzés et des épices nouveaux.

Côté paysage et randonnée, nous sommes moins déboussolés, car contrairement au contexte géopolitique, l’écosystème méditerranéen ne se bouleverse pas entre deux frontières. On reste sur un relief très escarpé, entre mer et montagne, avec des criques sublimes, surtout par leur côté vierge à cette saison, la meilleure on le répète. Moins rocailleuse que sur les rives grecques, la colline est beaucoup plus boisée, notamment par de grands peuplements de pins turcs, le Pinus brutia, parfois considéré comme une sous-espèce du pin d’Alep, en plus résistant à la sécheresse encore. Beaucoup de bois, et donc beaucoup de feux de cheminée dans les maisons, puisque l’hiver arrive, on adore tous ces cafés avec la cheminée au centre ! On a découvert aussi, autour des gorges et des cascades, le vrai liquidambar, Liquidambar orientalis, qui commence tout juste, début décembre, à revêtir ses très colorés habits d’automne. Côté flore, nous partons demain marcher plus jours entre Fethiye et Antara sur la voie lycienne, on devrait voir plein de trésors.

Liquidambar orientalis

Mais, dans ce côté bien oriental de la Méditerranée, les sensations ne sont pas les mêmes. En marchant, même loin de toute habitation, on n’est jamais tout à fait tout seul dans la colline ; il y a toujours quelqu’un, un berger souvent, au loin dans le paysage. Les abords des villages se devinent par le paysage sonore grandissant des chants de coqs et de poules, partout présents. Côté faune, les chats sont partout, plus nombreux encore qu’en Grèce ; Sacha doit défendre son territoire sa gamelle surtout. À la fontaine, il y a un gobelet pour inviter à boire. Et en tout lieu, du thé, qui permet, malgré la barrière de la langue, de s’asseoir et de rester un moment ensemble.

Ce dimanche, nous avons été invités à un mariage!

Petit Christ ou petit Bouddha ?

Europe ? Asie ? Moyen-Orient ? Au carrefour des continents et des civilisations, on ne sait pas bien comment situer la Turquie. Mais très accueillante, et bien méditerranéenne de toute façon, du moins pour le moment.

Ici, ce sont des marins, et c’est le bon moment pour sortir les caïques, ces magnifiques bateaux en bois

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