C’est le moment de cueillir !

Ne pas confondre boulets de canon et grenades!

En crête, il y a la saison touristique, où chacun s’affaire à son hôtel, son restaurant, sa plage, puis dès septembre, c’est le moment de prendre soin de ses arbres, car arrivent les périodes de récoltes. Autant dire que nous sommes à la bonne saison !

Dès la fin des vendanges, qui sonne le début des fêtes du vin partout en Grèce, c’est le moment de préparer le raki. Cette eau de vie, obtenue par la distillation du marc de raison, est ici présente en toute occasion, en signe de bienvenue ou d’amitié. Pour le produire, il faut détenir un permis spécial pour la distillation du marc de raisin dans l’alambic, permis en général détenu par le patriarche familial. Invités après une promenade botanique autour de l’alambic fumant, pour la fabrication du raki puis de l’ouzo, (= raki distillé avec les graines d’anis), nous passâmes une merveilleuse après-midi, au cabanon, à déguster les productions du jour et du mois : raki, ouzo, vin, heureusement entrecoupés de mezzés divers, et des fruits de saison, grenades, coings (dont le nom latin, Cydonia, provient d’une ancienne cité de Crête appelée Cydon), agrumes, châtaignes, arbouses, avocats, olives. Dégustation aussi de la chicorée épineuse, une salade sauvage crétoise, au goût légèrement amer, le fameux « stamnaghati », considérée comme l’un des secrets de la longévité des habitants de l’île.

La crête, au climat méditerranéen, parfois limite désertique, parfois limite subtropical, nous réserve d’autres surprises, comme cette bananeraie découverte près de la palmeraie de Vaï. Comme à la Réunion, sont cultivées de petites bananes, au goût autrement délicieux que nos bananes de l’hémisphère Sud. Vous ne les goûterez pas, car mal calibrées, elles sont en général invendables dans les coopératives des supermarchés européens, qui devraient les goûter avant d’établir des normes et calibres stupides. En plus d’un régime de bananes, nous fîmes provision de fruits de la passion crétois, notre péché mignon.

En dehors des très nombreuses petites productions familiales d’autosubsistance, les grandes cultures arboricoles crétoises, ce sont les olives, vastes plages monospécifiques de feuillages argentés et les agrumes, grands champs de feuillages vert brillant, sur lesquels brillent en ce moment les fruits lumineux et vitaminés. On en trouve partout, sur le bord de la route, pas toutes bien calibrées et parfaites, mais au goût savoureux. En ce moment, de grands filets sont méthodiquement disposés tout autour des oliviers, et à l’aide d’un batteur mécanique, qui ressemble à un petit moulin, on fait tomber les olives, mises ensuite dans de jolis sacs de jutes, avant d’être envoyées au pressoir du village.

En moins glamour, il y a aussi ces grandes étendues blanches dans le paysage, d’immenses serres blanchies à la chaux où sont cultivées les tomates d’hiver, envoyées dans toute l’Europe du Nord.

Au kafénéïon/épicerie, productions saines et locales, herbes, olives et aromates, et c’est aussi la saison des escargots!

Saison agricole oblige, musées, infrastructures touristiques (et même les parcs nationaux !!) sont fermés. Les touristes ont été remplacés par de nombreux saisonniers et réfugiés venus d’Albanie ou de Lybie pour la récolte des olives.  Du coup, nous voici seuls au monde sur cette côte Sud de la Crête, au pied des Montagnes blanches, dans les plus beaux lagons de Crête, où l’eau reste supérieure à 20°C. Seuls, avec les chèvres, qui sont descendues des montagnes jusque sur les plages; elles sculptent les thyms camphrés, les bruyères, les centaurées, et tous les buissons pas trop piquants et toxiques, transformant les bords de mer en jardin japonais. Les pluies sont revenues et les premières fleurs de ce « petit printemps » surgissent. On récolte des fruits et des graines, en savourant cette prolongation d’une saison savoureuse.

Et on comprend que le régime crétois, c’est beaucoup plus que la fêta, l’huile d’olive et les tomates. C’est de la production locale, c’est de la marche et de la grimpette et c’est surtout une multiplicité de ressources à boire, à voir, à goûter. On se régale !

Comme un jardin japonais…

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5 commentaires

  1. cher Emile ,j’espère que tu pourras lire tout seul :en plus de ton bon sourire sur les grenades j’ai reçu hier trois ravissants cailloux si bien décorés , c’est pour moi un superbe cadeau avec tous les trésors que cette ile de Crête vous offre
    merci à toi ,à ton papa ,à ta maman de nous faire partager votre fabuleux voyage au pays des dieux de l’antiquité
    je t’embrasse fort fort, tu nous manques , muxuxxx de chez nous GM GP

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  2. Ici les Caz

    Tout d’abord à propos du calibre des bananes :
    Rhabillez vous jeune homme c’est peut être les Crétoises.
    ….
    Oh mon doux Jésus, c »est celles de la Martinique.

    Les minis très supérieures en goût, s’appellent en Indonésie Pisang susu (prononcer sousou et traduire bannanes de lait).

    C’est bon de retrouver ces lieux magiques grâce à vous.

    Mais gaffe à l’ouzo…

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