• De la simplicité des belles choses
    Enfin …la photo de famille

    Après une semaine passée le long de la voir Lycienne dans le sud de la Turquie, je tente de faire le point (bien en retard …Oups) sur ce beau chemin parcouru à pied ou en saint-bababus, de spots en spots, traversant des petits bleds, quelques ruines, dans des paysages magnifiques et singuliers, qu’on apprécie à pied.

    De ce parcours mythique entre Fethye et Antalya, sur les pas d’une civilisation très avancée mais dont on a toujours pas très bien compris les contours, nous retenons que pour nous la beauté se cache surtout dans la simplicité et l’économie de moyens. Et à ce jeu là, les turcs sont champions aussi bien pour faire d’un bistrot lambda un endroit doux et chaleureux que pour construire de jolies cabanes.

    À kabak, dans une gorge sublime et profonde, se cachent de très nombreux camps d’anciens hippies, où chacun rivalise d’ingéniosité pour construire des cabanes avec les moyens du bord. Sillonnant la gorge, nous en avons même trouvé un ouvert et en avons fait notre camp de base avant de partir marcher deux jours. Les paysages sont « escarpés » et sublimes et on passe sans transition des gorges profondes aux vallées généreuses.

    Une équipe de choc sur les chemins de la Lycie

    À kekova, après une rando en canoë cette fois, on accoste dans le village le plus joli qu’on ai pu voir sur cette côte, le miracle est encore là …pas d’accès en voiture….que du bois, que du beau. De nombreux vestiges lyciens sont enfouis sous la mer (montée des eaux déà…), dont ce tombeau lycien qui semble flotter dans l’eau… je veux rester !

    Cette simplicité, on la retrouve dans l’accueil turque, il est toujours franc et va de soi. À Faralya, où tout est fermé, on tombe sur un mariage où on est aussitôt invité à déjeuner. Nous n’avons pas vu la mariée mais le ragoût de mouton était fort bon…..les musiciens jouent très fort, les vieilles font tapisserie et tout le village défile pour manger. Un peu plus loin alors qu’on pique nique sur le fameux sentier de la voie lycienne, un berger vient s’assoir avec nous quelques temps puis repart comme il était venu.

    Je ne peux finir ce post sans parler de bateaux. Ils sont très nombreux dans ce coin et là aussi …pas un seul hord-bord en plastique. Tous les bateaux sont en bois, petits pour la pêche, promène-touriste ou « Gulet » de croisière…pas un seul petit bout de fibre de verre. Pour le plus grand bonheur de Captain Milouchou, nous passons de chantier en chantier car tous les bateaux sont au sec pour l’hiver. On entend le doux ronron de la ponceuse et on peut observer chaque partie de ces magnifique bateaux dont la plupart sont des « Gulet ». À Kekova, notre Milou exulte car nous avons même la joie d’être invités à bord d’un de ces magnifiques bateaux dont le plan n ‘a pas changé depuis un siècle. 26m, 2 mats, 4 voiles….du pin et du bois exotique et une coque qui n’accueille plus de marchandises mais 8 cabines pour les touristes de l’été.

    Oulala c’est peut être le froid mais je suis un peu décousue aujourd’hui, je ne sais pas si au bout de ce post, j’aurais réussi à vous faire comprendre que ce qui nous rend heureux aujourd’hui, c’est que malgré l’avancée du plastique et du consumérisme, nous constatons qu’il reste encore de nombreux endroits où perdure cet esprit minimaliste, ce sens de la récup et des couleurs qui font les choses belles, tout simplement .

    Petit NB sur la civilisation lycienne, très avancée tant sur le plan architectural que politique. Les Lyciens apparaissent sur cette côte au 7ème siècle avant JC. Grands bâtisseurs et marins d’exception, ils ont surtout inventé avec 20 siècles d’avance la première république fédérale. (Avec un système particulièrement travaillé, 23 villes se réunissaient à Xanthos pour discuter et voter les décisions concernant l’avenir du pays. C’est pourquoi dans « L’esprit des lois », Montesquieu citait déjà cette très ancienne république comme le meilleur exemple de république fédérale.

    Bye bye la Méditerranée, let’s go to Istanbul, à travers l’Anatolie et ses hautes montagnes glaciales, ressortons gilet, bonnet et cache-nez !

  • On a quitté l’Europe !

    À bord de notre bien joli « ferry » d’une capacité de 4 voitures seulement, nous quittons Rhodes et traversons la mer Égée vers la Turquie, à seulement 30 kilomètres. Adieu la Grèce, adieu l’Europe, nous débarquons sur le « continent » turc.

    Sur les quais du port de Marmaris, patientant entre les différents bureaux des douanes pour avoir l’autorisation de faire rentrer le bababus dans ce nouvel Orient, on entend le muezzin chanter l’appel à la prière. Les petites chapelles orthodoxes sont loin déjà. Un nouveau rythme nous attend.

    Nous quittons rapidement Marmaris pour gagner la presqu’île de Borborun, vers des rivages beaucoup plus sauvages. Les campagnes semblent assez habitées, le drapeau turc flotte partout, l’agriculture reste prépondérante malgré le développement du tourisme. Comme dans les pays arabes, les hommes boivent le thé au bistrot, les femmes, voilées en général, s’affairent dans les maisons. On nous propose du thé en signe de bienvenue (et non plus du raki comme en Grèce !). La nourriture évolue et s’annonce heureuse, avec les innombrables mezzés et des épices nouveaux.

    Côté paysage et randonnée, nous sommes moins déboussolés, car contrairement au contexte géopolitique, l’écosystème méditerranéen ne se bouleverse pas entre deux frontières. On reste sur un relief très escarpé, entre mer et montagne, avec des criques sublimes, surtout par leur côté vierge à cette saison, la meilleure on le répète. Moins rocailleuse que sur les rives grecques, la colline est beaucoup plus boisée, notamment par de grands peuplements de pins turcs, le Pinus brutia, parfois considéré comme une sous-espèce du pin d’Alep, en plus résistant à la sécheresse encore. Beaucoup de bois, et donc beaucoup de feux de cheminée dans les maisons, puisque l’hiver arrive, on adore tous ces cafés avec la cheminée au centre ! On a découvert aussi, autour des gorges et des cascades, le vrai liquidambar, Liquidambar orientalis, qui commence tout juste, début décembre, à revêtir ses très colorés habits d’automne. Côté flore, nous partons demain marcher plus jours entre Fethiye et Antara sur la voie lycienne, on devrait voir plein de trésors.

    Liquidambar orientalis

    Mais, dans ce côté bien oriental de la Méditerranée, les sensations ne sont pas les mêmes. En marchant, même loin de toute habitation, on n’est jamais tout à fait tout seul dans la colline ; il y a toujours quelqu’un, un berger souvent, au loin dans le paysage. Les abords des villages se devinent par le paysage sonore grandissant des chants de coqs et de poules, partout présents. Côté faune, les chats sont partout, plus nombreux encore qu’en Grèce ; Sacha doit défendre son territoire sa gamelle surtout. À la fontaine, il y a un gobelet pour inviter à boire. Et en tout lieu, du thé, qui permet, malgré la barrière de la langue, de s’asseoir et de rester un moment ensemble.

    Ce dimanche, nous avons été invités à un mariage!

    Petit Christ ou petit Bouddha ?

    Europe ? Asie ? Moyen-Orient ? Au carrefour des continents et des civilisations, on ne sait pas bien comment situer la Turquie. Mais très accueillante, et bien méditerranéenne de toute façon, du moins pour le moment.

    Ici, ce sont des marins, et c’est le bon moment pour sortir les caïques, ces magnifiques bateaux en bois

  • Le temps du voyage

    Oulala mardi matin, 7h du mat, il est plus que temps, mon mari va encore dire que je ne tiens pas les délais de l’édition !! Oui, le temps du voyage est parfois un peu étirable! Un an ou six mois de voyage au long court, cela nous paraissait énorme au début. Et nous voila déjà à l’aube du 5ème mois (de voyage et de grossesse!).

    Tous ceux qui sont partis longtemps disent que le voyage commence vraiment au bout de 3 mois quand on a ses marques, ses habitudes, que le van se range tout seul, qu’on arrête de s’engueuler sur l’itinéraire à suivre. C’est cette bascule ou enfin un peu « déconnectés », on accepte aussi de perdre du temps. Vous savez ce truc qu’on ne sait plus faire dans nos vies super actives, rapides, connectées, où tout doit être rentabilisé. Accepter de se perdre, de se tromper, accepter d’être bloqué par l’attente d’une pièce auto ou par la tempête. Prendre le temps de dessiner, jouer, lire et rêver. Maintenant, 14h de ferry passent en un rien de temps, et, bloqués à Rhodes 3 jours à attendre la fin de la tempête et l’arrivée du ferry pour la Turquie, je ne ronge même pas mon frein.

    Pire encore, on commence à voir se profiler une date de retour et on se dit comme tous les voyageurs qu’on continuerait bien un peu ….juste un peu..il y a tellement à découvrir partout dans le monde.

    Cette semaine, nous avons terminé notre séjour sur l’île berceau de Zeus par deux très beaux moments avant de rejoindre notre dernière île grecque avant le véritable Orient, Rhodes.

    Il y a d’abord eu Chania, prononcez « Rania », capitale culturelle et historique de la Crête, mon coup de coeur absolu. Avec son immense port vénitien, sa vieille ville pas trop touristique et un petit je ne sais quoi d’islamo orthodoxe…il émane de cette ville une douceur de vivre qui m’aurait bien fait rester là-bas beaucoup plus longtemps. Pour mieux en profiter, on s’était même octroyé 2 nuits dans une jolie maison à coté du port. 24h à déambuler, dessiner, capter ses lumières magiques, dévorer les oranges de sa vallée et surtout des jardins abandonnés. Milou ne veux plus quitter le musée de la marine et ses dizaines de maquettes.

    Mais avant le départ pour l’Orient, nous voulons encore un peu profiter de la côte sud baignée par la fameuse mer de Lybie, Stan notre chasseur de plantes a encore quelques specimens à cocher dans son grimoire des plantes de Crête. Nous traversons la vallée des orangers puis les montagnes blanches en passant par un drôle de jardin botanique où nous faisons la cueillette de fruits extraordinaires pour une très exotique salade de fruits.

    La côte sud …sauvage, pelée, mais étonnamment riche en (petites) espèces

    Arrivés sur la côte à Chora Skafion, nous sommes arrêtés par la pluie et les bobos musculaires de stan. Dans le village, désert comme de bien entendu, nous tombons par miracle sur une masseuse tip top et un bateau taxi ; la marche de 2 ours se transformera en une rando bateau/marche d’une journée. En attendant, nous posons le van a côté du café de Stavros sur le port et profitons de ce 20 novembre pour buller dans le village. Emile est trop content car chez stavros il y a plein de jeux…une vraie chambre en plein air, on discute avec les rares passants, on mange des bonnes brioches à la chapelle parce que c’est la fête de « la présentation de Marie au temple », une des fêtes du calendrier orthodoxe. Bref, à 8h tapantes, le lendemain, nous sommes dans le bateau de Stavros, direction les gorges d’Aradena. Il fait un temps de foly, on profite de la mer avant d’attaquer nos gorges et leur 700m de dénivelé. Stan botanise joyeusement et avec émile on compte les chèvres mortes, 14 à notre compteur qui se sont crues plus fortes en escalade que catherine Destivelle. Je me paye une bonne tranche de vertige avant d’arriver dans le superbe village un peu fantôme d’Aradena.

    Demain c’est le grand départ pour Rhodes, alors on branche les turbos….marche, stop, bababus, panne de batterie, réveil aux aurores et petit dej mythique dans le vilage de Sisses ou stan embarque tout le village, surtout la jolie boulangère et toutes les vieilles en noir, pour trouver le fameux Cistus creticus, dont la sous-espèce locale est particulièrement pégueuse. Ouf à 9h54, le spécimen est localisé, et en prime stan trouve enfin l’arbousier de Chypre (Arbutus andrachne) tout en fruits…

    11h02 nous sommes sur le Ferry et disons au revoir à la Crête.

    Suite au prochain épisode…ici c’est la tempête !!!!

    Rhodes un 25 novembre

    Anne-Laure, le 26 novembre 2019

  • C’est le moment de cueillir !

    Ne pas confondre boulets de canon et grenades!

    En crête, il y a la saison touristique, où chacun s’affaire à son hôtel, son restaurant, sa plage, puis dès septembre, c’est le moment de prendre soin de ses arbres, car arrivent les périodes de récoltes. Autant dire que nous sommes à la bonne saison !

    Dès la fin des vendanges, qui sonne le début des fêtes du vin partout en Grèce, c’est le moment de préparer le raki. Cette eau de vie, obtenue par la distillation du marc de raison, est ici présente en toute occasion, en signe de bienvenue ou d’amitié. Pour le produire, il faut détenir un permis spécial pour la distillation du marc de raisin dans l’alambic, permis en général détenu par le patriarche familial. Invités après une promenade botanique autour de l’alambic fumant, pour la fabrication du raki puis de l’ouzo, (= raki distillé avec les graines d’anis), nous passâmes une merveilleuse après-midi, au cabanon, à déguster les productions du jour et du mois : raki, ouzo, vin, heureusement entrecoupés de mezzés divers, et des fruits de saison, grenades, coings (dont le nom latin, Cydonia, provient d’une ancienne cité de Crête appelée Cydon), agrumes, châtaignes, arbouses, avocats, olives. Dégustation aussi de la chicorée épineuse, une salade sauvage crétoise, au goût légèrement amer, le fameux « stamnaghati », considérée comme l’un des secrets de la longévité des habitants de l’île.

    La crête, au climat méditerranéen, parfois limite désertique, parfois limite subtropical, nous réserve d’autres surprises, comme cette bananeraie découverte près de la palmeraie de Vaï. Comme à la Réunion, sont cultivées de petites bananes, au goût autrement délicieux que nos bananes de l’hémisphère Sud. Vous ne les goûterez pas, car mal calibrées, elles sont en général invendables dans les coopératives des supermarchés européens, qui devraient les goûter avant d’établir des normes et calibres stupides. En plus d’un régime de bananes, nous fîmes provision de fruits de la passion crétois, notre péché mignon.

    En dehors des très nombreuses petites productions familiales d’autosubsistance, les grandes cultures arboricoles crétoises, ce sont les olives, vastes plages monospécifiques de feuillages argentés et les agrumes, grands champs de feuillages vert brillant, sur lesquels brillent en ce moment les fruits lumineux et vitaminés. On en trouve partout, sur le bord de la route, pas toutes bien calibrées et parfaites, mais au goût savoureux. En ce moment, de grands filets sont méthodiquement disposés tout autour des oliviers, et à l’aide d’un batteur mécanique, qui ressemble à un petit moulin, on fait tomber les olives, mises ensuite dans de jolis sacs de jutes, avant d’être envoyées au pressoir du village.

    En moins glamour, il y a aussi ces grandes étendues blanches dans le paysage, d’immenses serres blanchies à la chaux où sont cultivées les tomates d’hiver, envoyées dans toute l’Europe du Nord.

    Au kafénéïon/épicerie, productions saines et locales, herbes, olives et aromates, et c’est aussi la saison des escargots!

    Saison agricole oblige, musées, infrastructures touristiques (et même les parcs nationaux !!) sont fermés. Les touristes ont été remplacés par de nombreux saisonniers et réfugiés venus d’Albanie ou de Lybie pour la récolte des olives.  Du coup, nous voici seuls au monde sur cette côte Sud de la Crête, au pied des Montagnes blanches, dans les plus beaux lagons de Crête, où l’eau reste supérieure à 20°C. Seuls, avec les chèvres, qui sont descendues des montagnes jusque sur les plages; elles sculptent les thyms camphrés, les bruyères, les centaurées, et tous les buissons pas trop piquants et toxiques, transformant les bords de mer en jardin japonais. Les pluies sont revenues et les premières fleurs de ce « petit printemps » surgissent. On récolte des fruits et des graines, en savourant cette prolongation d’une saison savoureuse.

    Et on comprend que le régime crétois, c’est beaucoup plus que la fêta, l’huile d’olive et les tomates. C’est de la production locale, c’est de la marche et de la grimpette et c’est surtout une multiplicité de ressources à boire, à voir, à goûter. On se régale !

    Comme un jardin japonais…
  • À la recherche de l’Authentique

    Pardonnez cette petite interruption de chronique due à des petites vacances dans notre voyage. Abandonnant le bababus pendant plus de 10 jours, nous avons préféré le confort de maisons en tout genre.

    Depuis notre antre de Mochlos en Crête

    À peine avions nous retrouvé notre fidèle compagnon passé entre les mains du spécialiste du Van à Athènes qu’il nous a lâchement laissé tomber sur l’autoroute de Crête.

    Emile en rêvait….merci la dépanneuse

    Bloqués depuis 4 jours en attendant la nouvelle pompe à essence à Rethymnon, jolie ville de Crête, surtout après le départ de tous les touristes….de quoi prendre le temps de la réflexion !!!!

    Dialogue de Jean de florette entre Jean arrivant de la ville et Ugolin :

    « Je suis venu cultiver l’authentique » provoquant l’incrédulité d’ugolin qui se demandait ce qu’étaient ces fameuses lothentiques que Jean voulait cultiver.

    Il n’y a pas si longtemps, le voyage, c’était avant tout l’aventure, la surprise, la découverte d’autres cultures différentes. Aujourd’hui, les voyageurs, plus nombreux que jamais, sont hyper connectés et super outillés : géolocalisation, spots pour garer son van, notation d’hôtel, ultra disponibilité de l’information, liste de choses à faire ou à voir, tout est prévu, Suivez la cyber-route!

    Suivez le chemin……

    Alors le voyageur devient détective et tente de se frayer un chemin à travers toutes ces informations, à la recherche de « l’authentique »… Une sacrée dépense d’énergie car cette fameuse plante semble de moins en moins cultivée et partout, souffle le vent de l’uniformisation. La côte croate n’est plus qu’une succession de bars lounge façon c^te varoise, l’architecture greco-crêtoise avec son crépis sur les pierres ne fait pas vraiment rêver et la splendeur des palais minoens de Crête d’il y a plus de 4000 ans semble avoir été bel et bien oubliée au profit des cubes de béton.

    Palais minoens de Malia

    L’uniformisation capitaliste c’est l’arasement de particularités locales ancestrales par une force plus efficace que le fascisme « Pier paolo Pasolini »

    A Naxos, Chora la ville principale n’échappe pas à la règle mais en cette fin de saison, elle semble moins abandonnée que les autres car on y vit aussi à l’année ici. On y retrouve nos copains camille, Ludo et leurs enfants pour 4 jours de joie en famille. Avec Stan notre super guide nous parcourons les sentiers et non-sentiers de l’île et dénichons plein de « lothentique « partagé (ce sont les meilleures) sur un lac asséché, dans les carrières de marbre et jusque dans la grotte de zeus.

    En Crête, malgré un tourisme de masse monstrueux, des low cost fendant le ciel d’Heraklion toutes les demi-heures, nous avons eu la chance de trouver un peu de lothentique grâce à notre super formule magique.

    Faire confiance aux gens plus qu’aux guides et ……..Marcher

    Grace à un contact de location de maison, nous avons débarqué par hasard à Mochlos, un petit village de la côte nord-est dans une maison surplombant la mer, gerée par Anne et yannis, un couple belgo-grec qui vit du tourisme et d’un peu d’agriculture. Les touristes sont partis, Mochlos est presque vide mais la saison est encore très douce…..de quoi profiter de la douceur de vivre et découvrir comment on fait ce fameux liquide transparent qu’on trouve en vrac dans tous les mini markets : c’est l’époque de la distillation de l’ouzo et du raki et on rencontre à chaque carrefour un 4X4 trimballant son drôle d’alambic et ses futs en plastique.

    A l’extrémité Est, nous avons l’impression de débarquer dans un autre pays, sur une plage déserte comme des robinsons, dans la splendide palmeraie de Vaï, où s’élèvent les majestueux Phoenix theophrastii, espèce endémique et protégée de Crête. On ramasse des graines, que laurent et françois, présents qqs jours, rapporteront directement en France pour semais immédiat, les graines ayant une très courte durée de vie.

    Pour parfaire le dépaysement, nous tombons sur une bananeraie juste à coté de la plage ou un vieux monsieur fait pousser des mini bananes top bio et top savoureuses. Au pied de la bananeraie, autre production, autre ambiance…..une mer de plastique permet aux crétois d’être les champions de la tomate hivernale.

    La nuit en campement et bababus, françois et laurent n’y coupent pas et c’est dans un paysage fantastique face à la fameuse île des lépreux « spinalonga », que nous partageons l’apéro au coin du feu, les pastas sous la chapelle et les pancake a coté de barbecue géant qu’on croirait fait pour des sacrifices géants.

    Dehors, il pleut des trombes, les copains sont partis, on est bloqués depuis 4 jours à Rethymnon, la 3eme ville de Crête dont on apprécie la vielle ville dans notre palais, offert par l’assurance.

    Demain nous repartirons sur les petits chemins à la recherche de « lothentique » coté Ouest, dans les montagnes blanches – encore un repaire de botanistes – en espérant comme toujours sur un malentendu et au détour d’un sentier, en trouver un peu et pouvoir vous en faire respirer les parfums et les sonorités.

    Anne-Laure, le 13 novembre 2019