• Retour au (vieux) Port

    Partis il y a 6 mois vers l’Est méditerranéen, nous revenons demain par l’Ouest, la boucle est bouclée ?

    Ce soir nous dormirons pour la dernière fois dans le van et plierons religieusement notre machine à chaud, Ndlr le lourd tapis berbère en laine, et partirons vers de nouvelles aventures.

    Que retiendrons-nous de tout ça ? À écouter Émile… pas grand chose mais ce n’est pas grave, la graine est plantée.

    Nous revenons avec une idée plus précise de la Méditerranée. De la Croatie au Portugal, nous aurons rapporté une jolie collection de graines d’ici et d’ailleurs, une façon d’emporter le paysage, et maintenant une envie de les faire germer dans notre jardin improbable. Nous aurons visité quelques jardins paysagers, (moins que prévu), traversé beaucoup de jardins utiles et nourriciers, rencontré certains acteurs de ce paysage qui nous ont fait rêver. Mais c’est surtout à pied et en van que nous aurons arpenté d’Est en Ouest les paysages souvent arides et mouvementés de Méditerranée. Ce que nous retiendrons de ces paysages, pour la plupart façonnés par l’homme, si proches et différents à la fois : cette inventivité des végétaux pour affronter les aléas climatiques, mais surtout le génie du lieu, l’art de dompter la pente, le vent, le sec, la circulation de l’eau.

    Pour la petite famille que nous avons appris à être, une plus grande confiance en nous et en nos choix pas toujours conventionnels. Nous revenons bien sûr avec l’envie de repartir un jour à pied, en vélo, en van ou en bateau Mais nous rentrons aussi heureux de retrouver ceux qui font que la vie à Marseille est aussi jolie. Il y aura toujours une plus belle plage, une plus belle maison, un village de rêve, une forêt enchantée. Mais ce qui rend belle notre existence, c’est ce que nous créons avec les autres et ce que nous serons capables de donner aux autres.

    Reste quand même quelques constats inquiétants. Partout autour de la Méditerranée, cette montée du tourisme sous toutes ses formes, sans foi ni loi, qui d’une certaine manière abime le paysage, assèche les rivières, oriente l’économie. En Algarve, au Portugal, les villas poussent comme des champignons et les locaux désespèrent de se loger à des prix décents. À Taroudant, les villageois ne peuvent plus faire leur potager et les oliviers sèchent, quand à Marrakech, on arrose 18 golfs. À Marmara, en Turquie, un séjour en hôtel club coute 300€ tout compris, la côte est défigurée et les poubelles débordent dans la mer qui ne fournit plus guère de poissons. À Dubrovnik, les low cost et paquebots de croisière ont fait de la vieille ville un musée avec des boutiques de souvenirs made in china tout les 20m. En Albanie, les européens de tous pays y exportent leurs déchets pour pas cher, déchets français ou polonais qu’on retrouve jusque dans les Alpes albanaises. La mondialisation des échanges et du tourisme font de gros dégâts.

    En voyant ces côtes vendues au plus offrant, nous nous sommes maintes fois réjouis de l’existence en France de la loi Littoral et du conservatoire du Littoral qui a déjà acquis 200 000 ha, soit 15% du littoral protégé de façon inaliénable.

    Il ne nous reste plus qu’a laisser notre fidèle bababus se reposer un peu après ces quelques 15 000 km dans les cailloux, le sable, l’eau, le bitume surtout, et dans lequel nous dormîmes plus de 150 nuits. Fidèle aussi fut Sacha, notre chat voyageur qui fit face à tous les autres chats méditerranéens, mais aussi chiens, chèvres, ânes et mulets.

    À ce voyage d’été, d’automne et d’hiver, il nous a manqué le printemps. Il faudra donc repartir… Mais d’abord s’installer à Uzès pour quelques mois, reprendre les projets en cours de l’Atelier des Méditerranées, retourner à l’école, la vraie, pour Émile et surtout accueillir le bébé début mars. À très vite donc et merci d’avoir suivi ce blog.

    Stan, Anne-Laure, et Émile

  • Cabo Sao Vincente !

    Passé Gibraltar, nous quittons la Méditerranée, fonçons à travers l’Espagne et retrouvons l’océan, ses vagues et ses marées, coté Portugais.

    Arriver au cap Saint-Vincent (Algarve), c’est toucher une autre extrémité européenne, le Sud-Ouest de l’Europe continentale. Une géologie étonnante : des falaises calcaires vertigineuses sur lesquelles sont perchées d’immenses dunes de sable. La mer n’est pas si froide, les vagues sont sublimes, on ne résiste pas avec Émile, on saute dans les dunes, on court sur ces immenses étendues, on se baigne tous les jours dans les vagues (sous les yeux inquiets d’Anne-Laure !). Un immense sentiment de liberté nous étreint dans ces grands espaces sauvages!

    Cistus ladanifer var. sulcatus au premier plan

    Du vent, des embruns, un sol sableux et hyper drainant, c’est le cocktail parfait pour une végétation bien méditerranéenne. C’est là qu’on trouve enfin le ciste le plus pégueux et le plus odorant de la terre, ses feuilles et ses tiges brillent intensément et suintent d’une substance très collante, le ladanum; Cistus ladanifer var. sulcatus. On retrouve aussi le thym à odeur de camphre, le même qu’on avait dans le Magne en Grèce, une autre extrémité européenne. L’occasion de récolter encore quelques graines. Pas de chèvres ici, mais une végétation pourtant tout aussi sculptée par les tourbillons de vent, d’immenses paysages tapissés d’une végétation en boule et en coussin, dans des rythmes verts et gris, gris et verts. Les premières astragales fleurissent, encore quelques semaines et le printemps sera là.

    On est aussi au paradis des surfeurs et des vans qui même en hiver envahissent les parkings de plage. Mais dans tous ces jolis petits villages blancs et proprets, ce qu’on préfère, ce sont les bistrots un peu désuets où tout le monde (locaux, surfeurs et retraités anglais) se retrouvent autour d’une bière ou d’un tinto, à 1€ toujours! Après le Maroc, on n’est pas mécontents de se plier aux coutumes locales…

    D’un paysage à l’autre, en remontant cette Costa Vincentina vers le Nord, on passe de la steppe et de la garrigue aux grandes forêts. D’immenses forêts d’eucalyptus mêlés aux pins et surtout des suberaies, ces magnifiques forêts de chêne-liège. Contrairement au Maroc, où les suberaies sont surpâturées et fragilisées, elles sont ici en excellent état, bien exploitées, et le « levée du liège », l’écorçage, laisse apparaître de très beaux troncs nus et rougeâtres, qui rythment les longues routes droites du Portugal.

    Sur la route de Porto où nous avons rendez-vous pour le déjeuner dominical avec nos amis navigateurs « anne-laure et momo », nous sommes surpris par la pluie et ressortons nos kways pour la seconde fois en 6 mois(!). À Sintra, cette colline mythique proche de Lisbonne, le climat change et la bruine intense permet aux nombreux jardins de de prendre de véritables allures tropicales. Au palais et jardins de la Pena, on pénètre avec déférence dans ces lieux romantiques, majestueux et féériques. Les mousses habillent les troncs, les fougères arborescentes (les premières rapportées ici en Europe au 19ème siècle) sont aussi majestueuses que celles du Rayol; on explore les grottes, cascades et fabriques du siècle romantique qui rythment les lieux, si loin si loin du Cabo Sao Vincente…

  • Le Maroc, des hommes et des plantes

    Trois jours de retard, parfois ça ne vient pas… angoisse de la page blanche ou du récit convenu… Et pourtant, la semaine a été riche d’aventures et de rencontres, surtout.

    Au Maroc, plus qu’ailleurs, on s’imprègne du pays avec ceux qui le font. Dans l’angoisse de la désapprobation ou de la demande de dirhams, nous n’avons pas tellement photographié d’hommes et de femmes, et pourtant ce sont ces images que l’on garde en tête. Visages burinés, marqués par le travail et le soleil, yeux pétillants sous le capuchon d’une djellaba, regard farouche du conducteur de la charrette à âne, regard fuyant sous les hijabs…

    Dans l’Atlas, sur la route du Tizi’n Test, il y a d’abord eu Amina, petit bout de bonne femme, qui avec son presque rien ( une chambre, une télé, une vache), nous offre la chaleur du thé à la menthe et du pain tout chaud. Amina parle mieux français que les autres; du coup elle a pris l’initiative de faire l’école aux touts petits, ce qui n’est à priori pas du goût des autres femmes du village…me raconte t’elle. Chez Amina on découvre un truc de dingue….le hamam berbere…un feu, une petite hutte de terre dans la cour de la maison et c’est la super douche assurée!!

    Un peu plus loin, nous nous arrêtons à Ouirgane au bord du barrage et partons avec Mohammed et son mulet pour 2 jours de rando. Nous sommes accueillis pour la halte du soir à la maison berbère par Saïda. Dans son tout petit village, Saïda a elle aussi décidé de faire autrement et transformé la maison de ses parents en table d’hôtes et gite pour les randonneurs. Avec sa soeur, elle a bravé la loi tacite qui oblige la femme berbère à dépendre de son mari et monté sa petite entreprise. Les retombées sur le village font qu’elle a finalement obtenu le respect de tous. C’est une championne des réseaux sociaux et du fond de son oued, elle vous donnerait de sacrées leçons d’Instagram!!!

    A la maison berbère avec Saïda

    Nous avons fêté 2020 avec une bouteille de Prosseco cachée au fond du van, des glaçons récupérés à l’hôtel d’à côté, musique plein tube, danse dans le van et des crêpes de folie! + une expo de tessons décorés avec milou… Il n’en faut pas plus pour notre bonheur!

    Néanmoins… à la faveur d’un reportage sur un des premiers jardins de « Eric Ossart et Arnaud Maurieres » à Taroudant, on est invités à passer la nuit à « Dar el hossoun »; Luxe, calme et volupté, on se délecte de ce superbe « Garden lodge » et ses 20 chambres organisées autour de 3 jardins. Et dire que la veille on dormait, tout aussi bien ou presque, dans des ruines au milieu de l’atlas, nous réchauffant sous notre tapis berbère ou au feu préparé au petit matin entre deux murs écroulés.

    Encore une rencontre, celle de Ollivier Verra qui a racheté cette maison en 2009 pensant en faire sa résidence secondaire et finalement rattrapé par sa passion entrepreneuriale, se trouve a la tête d’une petite entreprise de 35 personnes.

    Et hop, nouveau grand écart, nous passons notre deuxième nuit taroudanaise non loin de la au bord de la « rivière méchante ». Un canyon impressionnant qui rend bien compte de la sécheresse qui sévit de plus en plus dans la région et que nous avions déjà remarqué au barrage de Ouirgane. Pas une seule pluie cet hiver et pas de neige. Oliviers, palmiers et arganiers meurent tous, le sol n’est que poussière, cette sécheresse extrême nous émeut et angoisse. Le contraste entre les jardins en creux, foisonnants, et le paysage environnant est saisissant. On repense avec écoeurement aux 18 golfs de Marrakech, aux riches propriétaires qui creusent des forages de plus en plus profonds, quand les paysans n’arrivent même plus à récolter agrumes et olives. Un patrimoine qui s’assèche et qui meurt.

    Le canyon de la « rivière méchante »

    Une rencontre enfin, qui nous a beaucoup marqués, celle de Marc Jeanson, tout jeune conservateur du jardin majorelle, que nous avons interviewé. Docteur en botanique, ce chercheur a accepté de quitter momentanément l’herbier du jardin des plantes pour une mission de 3 ans à Majorelle. Son projet, faire de Majorelle un vrai jardin botanique avec ses propres collections et une dynamique de transmission. Profiter de ce jardin iconique pour capter le plus de public possible, faire comprendre le vivant, et donner à chacun envie d’apprendre un peu de botanique, ce savoir qui se perd. Nous avons dévoré son livre « botaniste » (Ed. Grasset, 2019) que nous ne saurions que trop vous conseiller. Il raconte l’histoire de l’herbier du Muséum et celle des grands botanistes français depuis le 17ème, à travers le parcours de cet homme brillant.

    Marc Jeanson

  • Marrakech, ville-jardin

    Une belle semaine d’agapes passée avec tous les Villard, à 26 dans un palais magnifique (au Maroc on dit un Dar) , comme une parenthèse enchantée dans notre voyage. Tajine matin, midi et soir, piscine et douche chaude mais surtout la joie de se retrouver en famille, d’écouter ces vies qui s’écoulent ici et ailleurs et surtout de danser, rire et jouer ensemble. Un sacré cadeau du Père NoËL bon papa!!!!

    Pour cette semaine, notre équipe avait choisi d’organiser la journée « croquis et jardin ». Et hop nous voila partis à travers Marrakech en bus et en vélo pour comprendre en quoi cette ville impériale marocaine, c’est beaucoup plus que le souk et la médina. Marrakech, c’est une ville paysage, tout un réseau de parcs et d’avenues plantées qui se fondent dans le paysage environnant.

    Dès 1913, c’est le fameux général Lyautey qui gouverne le Maroc, alors protectorat français. À cette période, il va lancer dans les 4 villes impériales des travaux titanesques afin d’en faire de véritables laboratoires de planification paysagère. Son objectif : agrandir ces villes avec une réflexion sur l’urbanisme végétal.

    Pour mettre en oeuvre son projet, Lyautey fait appel à l’architecte et urbaniste Henri Prost et à JCN Forestier, urbaniste et paysagiste.

    Contrairement à l’Algérie où les jardins magnifient le pouvoir colonial, l’idée est ici de « construire une nouvelle image de l’œuvre coloniale (…) en créant des jardins qui mêlent la modernité et la tradition. »

    Dans chacune de ces villes, l’idée est de mettre en pratique des plans d’aménagement moderne incluant la « nature », grâce à un système de parcs, ceintures de verdure, jardins et espaces vides. Ainsi, l’aspect originel et pittoresque de la médina sera sauvegardé. Et tout autour, sera créée la ville nouvelle (celle des européens), avec ses grandes avenues plantées, ses parcs et de nombreux espaces de loisirs. Pour des raisons paysagères, par respect des mœurs et des traditions locales mais aussi pour des raisons hygiénistes, une ceinture verte, large de 200m, est dessinée entre la ville nouvelle et la médina comme un extraordinaire poumon vert en plein coeur de la ville.

    A Marrakech, le travail est facilité car la ville possède déjà tous les atouts d’une ville-paysage grâce à ses jardins historiques : l’Agdal, la Menara et une immense palmeraie. La ville est aussi richissime en eau grâce à un extraordinaire réseau d’eau provenant par gravité de l’Atlas au moyen de tunnels souterrains, canaux, grands bassins artificiels et conduits en terre cuite. L’action du protectorat s’est donc d’abord limitée à protéger l’existant et à l’intégrer dans la planification des nouveaux quartiers européens, à créer des zones non aedificandi pour maintenir les vues sur le paysage environnant et surtout sur l’Atlas, puis à créer un réseau de parcs et d’avenues plantées. Les colons voyaient là un patrimoine historique d’une grande valeur urbanistique et touristique.

    Partout, La palmeraie

    Aujourd’hui, c’est donc cela aussi Marrakech, une ville-paysage avec ses avenues généreuses et vertes, beaucoup de parcs publics, un patrimoine végétal et culturel qui suscite un intérêt croissant des autorités, des habitants et des touristes.

    Mais revenons à notre journée « croquis et jardin ». La visite familiale commence par la Menara ou « bon papa » venait se promener dans les 60’s alors qu’il était tout jeune médecin à Marrakech. Pas de quartier, tout le monde doit dessiner. La journée se poursuit à vélo (sacré groupe de cyclistes), en tentant de regarder la ville à travers son patrimoine paysager, puis en allant nous promener dans 2 jardins-stars : Majorelle et « le jardin secret » dans la Médina.

    Majorelle nous plonge dans un exotisme inattendu, avec ses sols ratissés au peigne, ses couleurs puissantes, ses perspectives très travaillées, très beau et très photogénique. Le « Jardin Secret », c’est le tout nouveau jardin de Tom Stuart Smith, constitué d’un jardin exotique et d’un jardin traditionnel de riad. L’occasion pour TSS de reprendre la composition d’un jardin maure : composition quadrillée, circulation de l’eau par gravité de bassins en canaux, disposition surélevée des allées, céramiques colorées (azulejos en Espagne ou zelliges au Maroc), avec tout naturellement de superbes associations végétales.

    Allez, quittons la ville, rentrons dans l’Atlas, retrouvons notre palais à 4 roues, nous allons vers Taroudant, où il semble d’ailleurs que le petit monde des jardins s’y soit donné rendez-vous… Ce soir, on touchera peut-être la neige au col du Tizi’N Test, bon réveillon à tous!

  • En Transit

    De l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud, d’Istanbul à Marrakech, nous avons relié les deux rives de la Méditerranée, après 6 jours de voyage. Passer d’un Orient à l’autre, à la fois si proches et si différents. Ferries, métro, cargo, trotinette, à pied, en avion, en voiture, et surtout en bababus, que de transports pour rejoindre le St Graal, Noël en famille à 26 à Marrakech.

    4500 km, avec, en entracte, un passage rigolo et chaleureux de 24h à Marseille. C’est si bon de retrouver le doux cocon de la famille et des amis. Si fou aussi de voir à quelle vitesse on reprend pied dans son ancien cadre. Se sentir en voyage, c’est si long, alors que revenir, ça va si vite. Alors on se carapate rapidement pour ne pas oublier que le voyage continue, encore.

    Après que le bababus ait pu enfin quitter le port de Yalova, en Turquie, sur le navire ANKEDIZ II, nous l’avions suivi (sur notre smartphone…) faire le trajet à l’envers, par la mer, jusqu’à Sète. Et nous, avons facilement volé d’Istanbul à Marseille, même si Sacha le chat a assez peu apprécié les conditions de vol.

    À Marseille, grâce à Laurent, on évite les grèves de train et filons donc droit sur Sète récupérer notre Saint bababus. Ouf il est là avec ses 4 roues et tout son attirail. Un petit arrêt à Pointe-Courte rendre hommage à Agnès Varda et aux huitres de Thau….et nous voila filant à vive allure (au moins 100km/h) en direction de Barcelone.

    À Sète, on a vu le père Noël

    3ème jour de voyage…..nous sommes en transit pour encore 3 jours en ferry et en bababus….c’est lonnng, mais que fait on quand on est « En transit ».

    L’aventure… Il se passe toujours quelque chose. Même en transit, on a de vraies aventures. Comme ce vendredi matin où nous devons rejoindre le ferry Barcelone-Tanger. Il est 8h, on s’apprête à quitter le chouette appart de nos copains Constance et Arthur mais…..Sacha manque à l’appel, il miaule 5m sous la terrasse coincé sur un toit inaccessible. Thaïs prête sa corde à sautée à laquelle on accroche un panier, Isidore étudie le terrain, Stan en super papachat joue les équilibriste sur une corniche à 4m de haut en s’accrochant à des plantes vertes. Mais Sacha ne veux pas monter dans le panier et c’est finalement Arthur qui récupère le chat grâce à l’arrivée plus matinale que prévue du commerçant d’en bas! Quelques heures plus tard, le ferry a appareillé et la tempête se lève. Ça ressemble au radeau de la méduse, les gens se cramponnent et vomissent, Sacha, resté dans la cabine, a coincé la porte de la salle de bain dans la porte d’entrée, qui ne peut donc plus s’ouvrir du tout. Allongés sur la moquette pour ne pas devenir verts à notre tour, nous regardons mi-amusés, mi-agacés, défiler au chevet de notre porte tous les hommes de l’équipage. Un peu bras-cassés, ils finiront par disquer la porte, libérant notre chat et notre déjeuner.

    Deux jours en mer… Entre l’école de p’tit milou, des articles divers et variés, les projets de l’Atelier des Méditerranées, la mer déchainée à regarder depuis notre cabine AVEC hublot, on a vraiment pas de quoi s’ennuyer. En transit on lit, quel bonheur de partager ses livres à 2, de pouvoir échanger, discuter. En ce moment stan est à Venise avec un roman policier et moi en Algérie avec « L’art de perdre »… un autre voyage en littérature. Et puis en transit, on rêve, on pense à rien parce que c’est si bon parfois de ne pas monnayer son temps. Et comme on sait faire ça, on s’énerve même pas de passer 4 h à attendre à la douane. On en rigole sous la pluie qui nous accueille à Tanger, on se fait des copains dans la file des voitures énervées et surtout, on admire les chargements de ces voitures pyramides…

    En transit, on apprend à observer le petit comme le grand paysage. Tout ces hommes au bar du ferry en mode ambiance pas très sympathique …et pas une femme, on en pense quoi ??

    Et puis cette transition abrupte de l’autoroute Tanger-Rabat, rutilante, au très beau et très rural marché, 1 km plus loin près de Salé. On passe des 4X4 rapides aux ânes en charrette! Ce Maroc à plusieurs vitesses.

    Et finalement, dimanche soir, dans une lumière vibrante, un so beautiful sunset sur l’Atlas tout enneigé, on arrive au Paradis.

    Joyeux Noël!

    Et, au Dar, on a même pu caser le canoë !